Toujours est-il que les graffitis ne sont pas le problème en soit, mais l'expression du malaise. Ils permettent de laisser sortir la pression. Ce graffiti aperçu près de la Place Syntagma, principale place d'Athènes en face du parlement et chef lieu de toutes les manifestations, résument assez bien l'esprit populaire : φωτιά στην Τράπεζες "fotiá stin trápezes" (mettons le feu à la banque).
Pour la plupart des Grecs, la crise dont ils sont victimes depuis 8 ans (et qui a fait diminuer leur PIB de 25% depuis 2010) a pour objet de les faire payer pour sauver les banques européennes. Le parti qu'ils ont elu et qui préside leur destinée se nomme d'ailleurs SYRIZA (en grec : ΣΥΡΙΖΑ, Συνασπισμός Ριζοσπαστικής Αριστεράς (Synaspismós Rizospastikís Aristerás), « Coalition de la gauche radicale »). Le mot important ici est Rizospastikís. Une coupe de cheveux "rizos" signifie littéralement "à la racine", rasé, comme dans table rase; on opère une rupture, on agit sur la cause profonde des effets qu'on veut modifier. Y arriveront-ils en restant dans la zone Euro?
En ce moment, la négociation porte sur le type d'austérité. L'Europe veut une coupe des pensions de 40% (elles ont déjà été coupées de 40%) et la Grèce prône plutôt une taxe à la consommation et aux entreprises. L'Europe est contre cette dernière car cela pourrait affecter la croissance. Sans rire, affecter la croissance d'un pays dont l'economie a fondu du quart.
Ce que les Grecs entendent : nous allons détruire votre économie selon nos termes et non selon les
vôtres.
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